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Canal de Panama : Marfret préserve la régularité de son service NASP

Sécheresse, flux énergétiques bouleversés, enchères record : en 2026, franchir le canal de Panama est devenu un véritable défi pour les lignes régulières. Marfret fait évoluer temporairement son organisation sur sa ligne vers le Pacifique Sud.

Quatre-vingts kilomètres entre l’Atlantique et le Pacifique, et un ouvrage centenaire par lequel transite une part essentielle du commerce mondial. Pour notre ligne NASP, qui dessert Tahiti, la Nouvelle-Calédonie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande depuis l’Europe et les États-Unis, il n’existe pas de véritable alternative : contourner l’Amérique du Sud allongerait la traversée de plusieurs jours. Le canal est donc incontournable. Il est aussi, cette année, l’un des passages les plus disputés de la planète.

Un canal sous double pression

Le canal fonctionne grâce à l’eau douce, et c’est elle qui vient d’abord à manquer. Le phénomène climatique El Niño perturbe les régimes de précipitations dans le monde et peut entraîner des périodes de sécheresse plus marquées en Amérique centrale. La baisse des pluies réduit alors les réserves d’eau du lac Gatún, nécessaires au fonctionnement du canal. Pour préserver cette ressource, l’Autorité du canal a réduit le nombre de passages quotidiens.

À cette contrainte naturelle s’est ajoutée une onde de choc venue du Moyen-Orient. Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont poussé les acheteurs asiatiques vers le gaz et le pétrole américains, exportés depuis le golfe du Mexique et acheminés vers l’Asie via Panama. Méthaniers et pétroliers se sont alors pressés aux portes du canal, au moment même où sa capacité se resserrait.

Le règne des enchères

Pour franchir le canal, les navires réservent une fenêtre de passage à l’avance, attribuée selon un classement : plus un armateur effectue de transits dans l’année, mieux il est classé. Lorsque les fenêtres disponibles à la réservation sont épuisées, il reste une seule option : les enchères de dernière minute. Pour tenir ses départs, Marfret a dû s’engager à plusieurs reprises dans ces enchères. Leur niveau a atteint cette année des sommets inédits, et les chances de l’emporter sont de plus en plus incertaines.

Pour que ces aléas ne compromettent pas la régularité de la ligne, Marfret a décidé d’en faire évoluer temporairement l’organisation avec CMA CGM, son partenaire sur ce service.

Depuis l’escale de Melbourne du 20 octobre, et pour douze mois, le Marius est frété à CMA CGM. Le porte-conteneurs de 2 500 teus, propriété de Marfret, bénéficie ainsi du classement de notre partenaire, ce qui facilite l’obtention des fenêtres de passage. « Nos clients attendent de nous de la régularité, quelles que soient les turbulences du marché. C’est cet engagement qui a guidé notre décision », résume Guillaume Vidil, directeur général de Marfret.

Pour nos clients, rien ne change : Marfret conserve la commercialisation de ses espaces à bord et reste leur interlocuteur. Leurs marchandises, notamment réfrigérées, continuent d’être prises en charge avec la plus grande attention par nos équipes.